« Tous les ans, entre la Noël et l’an nouveau, nous célébrons pendant trois jours la fête du pays. C’est l’époque où le refroidissement des montagnes jette des torrents de vent sur nos plages toujours tièdes. Les couples dansent sur la place dans un véritable ouragan. Les contrevents battent si fort que, par moments, on entend à peine le bruit des orchestres. Les petits marchands et les amuseurs qui viennent ramasser quelques sous pendant les trois jours que durent les réjouissances, les appellent la « foire du vent ».
C’est pendant la foire du vent que Maugars avait rencontré Eugénie. C’était une belle fille à l’air réfléchi et qui avait trop de front pour rire bien longtemps. »


Contes du cycle de Lapalme, Joë Bousquet, 1946

L’auteur passait ses vacances à Lapalme, avant la guerre de 1914.
la région côté collinesIl y aura fatalement un jour de vent du nord qui vous poussera vers l’intérieur, déçu de devoir quitter la douceur de la plage et surpris de retrouver le plaisir urbain de porter de vraies chaussures.
Alors le choix sera très difficile : archéologie à Tautavel ou géologie dans les grottes de Cabrespine et de Limousis ? Shopping, concert ou cinéma, ou les trois, à Perpignan ? Châteaux cathares ou musée Dali à Figueras, de l’autre côté de la frontière ? La Cité de Carcassonne ou Cadaquès ?
Bref autant dire que, de Treilles en particulier, la proximité du train, de l’autoroute ou même de l’aéroport rendent tout projet possible, rapidement.
Mais, si le choix est encore trop d’effort, le plus simple sera de partir à pied, par les sentiers de garrigue et, peut-être, découvrir un trou de rivière où se rafraîchir ; ou une ruine de bergerie qui restera un projet inabouti…
Chaque saison modifie la garrigue. Pour qui la parcourt régulièrement, le moindre changement est signifiant quant à la saison ou l’endroit où l’on se trouve : courte, elle couvre les collines plus proches de la mer ; haute, elle forme les petites forêts de chênes kermes des alentours d’Opoul à Ille-sur-Têt.
« La garrigue qui est d’après une définition ayant le mérite d’être simple, « une chênaie sans chêne », peut retrouver sa vocation primitive. Livrée à elle-même, elle a toutes les capacités pour se régénérer. Jusqu’à présent, les séries régressives qui conduisent à la désertification ont prédominé. Aujourd’hui, la tendance s’inverse. La garrigue remonte le fil directeur de la série évolutive qui, des pelouses steppiques de brachypodes et d’asphodèles, en passant par les diverses strates herbacées (chèvrefeuille, salsepareille, garance…) sous-arbustives (farigolieras, engelassieras, ginestieras) et arbustives (buis, kermes, genévrier, térébinthe…) la reconduira au chêne et à la forêt mixte. Si l’homme lui prête vie… »
L’Homme et la garrigue / Marc Pala
La découverte d’un abri de berger, une « capitelle », rappellera que l’homme vit ici dans la nature, depuis très longtemps. La douceur du climat, la présence de trous ou de grottes dans les rochers, la possibilité de cueillette ont fait de ces collines apparemment désertées, un site habité depuis des millénaires.